On appelle oxydation le fait pour un atome de perdre un ou plusieurs électrons et la réduction le fait pour un atome de gagner un ou plusieurs électrons ; l’atome qui s’oxyde perd ses électrons au profit de celui qui est réduit (l’un gagne ce que l’autre perd) : il ne se produit par conséquent jamais de réaction d’oxydation sans qu’il se produise en même temps une réaction de réduction ; c’est pourquoi l’on parle de phénomène d’oxydoréduction entre deux atomes. Et c’est bien celui qui gagne un électron qui est dit “réduit”, puisque ce qu’il gagne, un électron, est une charge… négative ! Vous suivez ?

Il existe des phénomènes d’oxydoréduction dans lesquels l’oxygène, oxydant puissant, intervient directement ou non. Par souci de simplification, on appellera ici oxydation une réaction au cours de laquelle une matière se combine à de l’oxygène, et réduction une réaction au cours de laquelle un composé perd de l’oxygène. (Cette simplification convient particulièrement bien à l’aquarium puisque l’oxygène y est le principal acteur des phénomènes d’oxydoréduction).

Par exemple, l’azote présent dans les composés ammoniacaux, ammonium ou ammoniac, se transforme en nitrite par oxydation, en se combinant à l’oxygène :

  • NH3 -> NO2-
  • NH4+ -> NO2-

Il y a donc une relation directe entre le taux d’oxygène présent dans le milieu et le potentiel d’oxydoréduction : plus un milieu est riche en oxygène et plus il a tendance à être oxydant, inversement plus un milieu est pauvre en oxygène et plus il a tendance à être réducteur. En ce sens la mesure du potentiel Redox traduit la capacité du milieu aquarium à “fixer” l’oxygène pour son usage.

Le potentiel Redox (rH) rend compte du pouvoir oxydant ou réducteur d’un milieu. rH = 27 témoigne d’un milieu neutre. Un rH compris entre 27 et 40 (valeur maximale) est le fait d’un milieu oxydant ; et un rH compris entre 0 et 27 dénonce un milieu réducteur. On mesure le Redox à l’aide d’un redoxmètre ; il s’agit en réalité d’un pH-mètre sur lequel une électrode d’or ou de platine a été substituée à l’électrode de verre.

L’aquariophile a tout intérêt à ce que son aquarium soit le plus oxydant possible, c’est-à-dire à assurer un rH élevé. La plupart des eaux du milieu naturel sont d’ailleurs oxydantes. Au contraire tout ou partie des aquariums ont tendance à se transformer en milieux réducteurs : le déficit d’oxygène paralyse alors les bactéries aérobies qui assurent la biodégradation des matières organiques, et active les bactéries anaérobies (en particulier les mauvaises bactéries, capables de transformer les nitrates en nitrites et en composés ammoniacaux). Même dans un aquarium apparemment ou partiellement bien oxygéné, le sol, souvent la partie la moins oxygénée, peut se transformer en zone anaérobie, (dans ce cas il noircit).

Les plantes permettent bien entendu d’augmenter considérablement le rH et ont pour avantage de distribuer de l’oxygène dans l’ensemble de l’aquarium, tant au niveau de l’eau qu’au niveau du sol, par l’intermédiaire des racines.

Dans le cas de l’aquarium fortement réducteur, les aquariophiles utilisent de manière temporaire ou permanente, des oxydants tels que l’eau oxygénée ou l’ozone, qui sont deux produits à utiliser avec précaution. Il doit être bien établi que l’utilisation de ces produits ne trouve pas de justification véritable dans un aquarium bien équilibré, où une filtration biologique efficace assure une dégradation convenable des matières organiques. Dans tous les cas, le vendeur conseil en aquariophilie réservera l’emploi de l’eau oxygénée et de l’ozone à des aquariophiles avertis !

Il existe en fait deux mesures du Redox. La mesure « scientifique » rH tient compte du pH du milieu, c’est la plus juste, mais elle est rarement utilisée en aquariophilie. Les redoxmètres existant sur le marché donnent des valeurs en mV. On a intérêt en eau douce à obtenir des valeurs supérieures ou égales à 250 mV et en eau de mer des valeurs supérieures à 400 mV. Ces valeurs sont les preuves, dans un cas comme dans l’autre, d’un bon fonctionnement du système aquarium !

Ces articles relatifs à l’aquariophilie sont des supports de conférences données dans le cadre de nos formations ou d’articles que nous avons fait paraître dans diverses revues spécialisées et professionnelles, notamment Animal Distribution. Découvrez ici le parcours de formation aquariophilie que nous proposons.

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