Bio-Logique : mettez un turbo dans votre filtration !

La nécessité de disposer d’un filtre biologique puissant s’est imposé dans la plupart des spécialités de l’aquariophilie. La principale exception, c’est l’aquarium marin peuplé d’invertébrés : en effet toute filtration biologique est, par sa nature même, productrice de nitrates, auxquels les invertébrés marins sont particulièrement sensibles. Dans beaucoup d’autres cas, le filtre biologique donnera satisfaction à l’aquariophile ; ses principaux atouts : il est redoutablement efficace, alors même qu’il demande peu d’entretien !

Son principe pourrait être résumé par la maxime : « pour concevoir un filtre biologique, pensez bactéries aérobies ! ». Son fonctionnement repose sur le cycle de l’azote, et donc sur la vie de ces fameuses bactéries aérobies (bacillus, bacterium, micrococus, nitrosomonas, nitrobacter) qui, au cours du processus de nitrification, transforment les déchets organiques issus de l’aquarium en ammonium ou ammoniac, puis en nitrites et enfin en nitrates. Ce type de filtre n’est donc jamais qu’un lieu où l’on favorise l’implantation des bactéries aérobies nitrifiantes, afin d’y rendre optimal le déroulement de la nitrification. Et pour que les bactéries puissent s’implanter, vivre et proliférer, trois éléments sont nécessaires

Si vous souhaitez créer un lieu propice à l’implantation des bactéries, vous devez d’abord leur offrir un habitat, c’est-à-dire une grande surface pour s’installer. C’est le rôle du support bactérien. Des céramiques aux bio-cascades, tous les supports bactériens sont caractérisés par un rapport intéressant entre la surface qu’ils offrent et le volume qu’ils occupent. Plus la surface de colonisation est importante, plus le support est considéré comme efficace.

Ensuite, pour que ces bactéries aérobies puissent vivre et proliférer, il convient de satisfaire leurs besoins en oxygène. Ainsi, dans le cas d’une filtration biologique immergée, on assurera un débit d’eau suffisamment important pour tenir compte du fait que l’oxygène est apporté uniquement par le courant d’eau. Du point de vue de l’oxygénation il paraît tout de même idéal, quand c’est possible, de pouvoir mettre en oeuvre un système dit « semi-humide », de type filtre à ruissellement : l’eau ruisselle sur des supports bactériens émergés et non pas immergés, laissant aux bactéries chargées d’épurer l’eau au contact de l’oxygène contenu dans l’air. Dans le cas où l’on utilise un filtre extérieur fermé, un système « sec / humide » tend au même résultat : dans ce cas, les masses filtrantes sont tour à tour baignées puis émergées, plusieurs fois par minute.

Enfin, alors qu’à présent nos bactéries sont logées et qu’elles ont assez d’oxygène à leur disposition, encore faut-il qu’elles soient alimentées… C’est là le rôle de la pollution organique en provenance de l’aquarium. Certains font parvenir le courant d’eau en provenance du bac directement au coeur du support bactérien : l’apport de matière organique aux bactéries est alors maximal, la population bactérienne importante, et par conséquent la production de nitrates considérable. On peut également disposer entre l’aquarium et le filtre biologique un préfiltre mécanique : son rôle est de retenir les plus gros déchets ; son nettoyage régulier permettra d’éviter la prolifération des nitrates. Ce préfiltre mécanique est surtout utile si l’on n’assure pas de changements d’eau réguliers. Il est à noter que la population bactérienne, et par conséquent l’activité des bactéries, se régule par elle-même quand la pollution décroît, notamment parce que le bac contient moins de poissons ou parce que ceux-ci sont moins nourris.

Ajoutons que les bactéries proliféreront d’autant mieux qu’on maintiendra la stabilité des valeurs du pH et de la température.

Bien conçu, et surtout si ses masses filtrantes sont en quantité raisonnable (d’une manière générale, le filtre représente entre 5 et 10% du volume réel de l’aquarium, mais cela peut être plus ou moins car c’est surtout fonction de la pollution organique à éliminer), le filtre biologique ne nécessite aucun entretien. Par définition, c’est un système auto-organisé, éco-logique et auto-épurant.

Par contre, il convient de toujours se souvenir que nous avons affaire à un système de transformation plus que d’élimination de la pollution : aussi si l’on opte pour ce type de filtre, des changements d’eau réguliers seront nécessaires pour faire face à l’augmentation des nitrates.

Ces articles relatifs à l’aquariophilie sont des supports de conférences données dans le cadre de nos formations ou d’articles que nous avons fait paraître dans diverses revues spécialisées et professionnelles, notamment Animal Distribution. Découvrez ici le parcours de formation aquariophilie que nous proposons.

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